Chronique dans le webzine www.obskure.com par Niko (2005)

&Nehl Aëlin est une artiste vraiment à part. Nous pouvons sans restriction parler d’Artiste au sens premier du terme tant l’univers de Nehl est singulier et construit, loin de s’arrêter à la musique. « Ghost of a Child » est très loin du précédent album également autoproduit « Demons Abortion », même si l’on retrouve sur celui-ci des images développées sur cette dernière livraison. On pourrait imaginer « Ghost of a Child » comme la bande son déjantée et baroque d’un film de Burton, à mi chemin entre Dany Elfman et une Bjork retournée en enfance, « A Nightmare Before Christmas » rejoué à l’asile. Mais seulement imaginer, tant il semble impossible de décrire par le menu la folie musicale que déploie Nehl. Sa voix est son instrument principal et sa maîtrise impressionnante. Il n’est jamais question d’un étalage prétentieux d’octaves mais au contraire de la malmener, de la travestir pour exprimer rage et peur, émerveillement et stupéfaction, Nehl sait imaginer toute la palette des émotions et, surtout, nous les faire ressentir. Qu’elle soit posée sur un carillon morbide, confondue avec les tourneries d’un manège psychédélique ou bataillant contre un nounours récalcitrant, cette voix mène à la baguette les orchestrations acoustiques, piano et cordes en avant. Des orchestrations prenant forme au détour de constructions imprévisibles, le film se déroule en temps réel sous nous yeux, évolue en permanence, « Ghost of a Child », un disque ahurissant d’idées. Nehl Aëlin, une artiste toujours aussi captivante. Les audacieux n’auront d’autre choix que de découvrir ! (note : 82%)