Chronique dans le webzine http://lesautresmondes.org

Nehl… un nom… une magnifique syllabe… que l’on se surprend à murmurer sur le bout des lèvres… laissant échapper mystère et féerie… Mystérieuse ? Sachez que Nehl Aëlin, qui signe ici son premier album autoproduit, « Demons Abortion », est et le restera à vos yeux même après plusieurs écoutes, tant l’atmosphère de ses compositions dégage un esprit personnel à jamais impénétrable…

Autodidacte et artiste au talent indéniable, Nehl enregistra ce premier album, deux années avant sa collaboration métallesque avec le groupe Akphaezya, c’est à dire en 2002. Pour ceux qui connaîtraient déjà le premier album du groupe, « Anthology II », ils ne sont donc pas étrangers à l’atmosphère, la diversité et l’originalité qui s’en dégageait… et comprendront dès la première écoute de ce « Demons Abortion », la touche personnelle importante, que Nehl Aëlin y avait apportée…

En effet, cette première œuvre en solo (qui mérite tout à fait ce titre), parcours durant prés d’1h20 d’aventure musicale, autant de styles et de domaines musicaux différents, qui en font un album d’exception et surtout UNIQUE, où Nehl a composé paroles et musique, en nous faisant profiter de son talent de pianiste et de sa voix. Mais le talent de Nehl se remarque dès l’instant, où l’on tient son album entre nos mains, car elle a également réalisé les dessins du livret (les photos et graphismes par Stéphane H., d’Akphaezya), ce qui a donc toute son importance dans la globalité de l’œuvre, et lui donne une touche définitivement personnelle… une magnifique petite fée gisant en couverture, témoignage peut être d’une âme à la frontière de l’enfance et de l’âge adulte crachant ici ses démons intérieurs…

Dès les premières notes de « To Akphaezya and back » ce sont des sonorités orientales qui parviennent à nos oreilles, tant au niveau vocal que musical et on ne peut s’empêcher de relever la forte influence de Lisa Gerrard. « Shut the candles » est un titre magnifique, un de mes préférés de l’album, dans la lignée de certains titres de Tori Amos, divin… Quelques sonorités Trip Hop font leur apparition sur « Clip-Clap » et « Radio Shit », nous prouve une nouvelle fois l’influence de Tori Amos sur la musique de Nehl, avec tout de même une touche bien personnelle et décalée, avec par exemple des éléments electro et d’autres bien inqualifiables, tout comme le magnifique « Syron’s Gate ». Quelques légers riffs de guitare (Stéphane H., d’Akphaezya) viennent se poser sur le très planant chant-piano, « Mud Stained Roads ». Le reste de l’album ne sera que diversité grandissante avec des sonorités pop, cabaret, swing et sur le titre « Halloween », on s’imagine à la fête du même nom entouré de sorcières et autres citrouilles, ou dans « L’étrange Noël de Monsieur Jack », tel que sur le titre « Elegy of lost Shadows » à l’ambiance très dark et gothique. « Scylla » nous offre également des accents gospel. Et « Epic Symphony » termine cet album sur une touche planante, à la fois symphonique, dark, féerique et médiévale. Une merveille !

Que puis-je donc vous dire d’autre que de vous jeter sur ce premier album de Nehl Aëlin ? Eh bien de tout de même rester sur vos gardes si l’originalité trop décalée et hors normes vous dérange, car il faut l’avouer cette œuvre n’est pas accessible à tout le monde, et pourrait pourtant plaire à un public bien varié, si celui-ci se donne la peine de jeter une oreille sur une artiste d’un tel talent, qui a osé réunir tellement de styles sur une seule galette et honnêtement il fallait le faire : Félicitations à toi Nehl ! Et que le deuxième album prévu pour bientôt nous étonne encore plus.